Chantier « Marcher sur l’eau blanche » / Jour 1

  • Chantier participatif, construction de la sculpture [Marcher sur l'eau blanche] de Marie-Claire Raoul, 28 février 2022, prairie de Keravilin, Guipavas, 28 février 2022
  • chantier participatif, construction de la sculpture [Marcher sur l'eau blanche] de Marie-Claire Raoul, 28 février 2022, prairie de Keravilin, Guipavas
  • chantier participatif, construction de la sculpture [Marcher sur l'eau blanche] de Marie-Claire Raoul, 28 février 2022, prairie de Keravilin, Guipavas
  • Chantier participatif, construction de la sculpture [Marcher sur l'eau blanche] de Marie-Claire Raoul, 28 février 2022, prairie de Keravilin, Guipavas, 28 février 2022
  • chantier participatif, construction de la sculpture [Marcher sur l'eau blanche] de Marie-Claire Raoul, 28 février 2022, prairie de Keravilin, Guipavas
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  • chantier participatif, construction de la sculpture [Marcher sur l'eau blanche] de Marie-Claire Raoul, 28 février 2022, prairie de Keravilin, Guipavas
  • Chantier participatif, construction de la sculpture [Marcher sur l'eau blanche] de Marie-Claire Raoul, 28 février 2022, prairie de Keravilin, Guipavas, 28 février 2022
  • chantier participatif, construction de la sculpture [Marcher sur l'eau blanche] de Marie-Claire Raoul, 28 février 2022, prairie de Keravilin, Guipavas
  • Chantier participatif, construction de la sculpture [Marcher sur l'eau blanche] de Marie-Claire Raoul, 28 février 2022, prairie de Keravilin, Guipavas, 3 mars 2022

Si vous avez lu les posts précédents, vous vous souvenez que la structure « Marcher sur l’eau blanche » devait être implantée sur la prairie de Palaren mais que celle-ci se trouve être une prairie reconstituée sur du remblai. Jean-Christophe Gautier (Direction de l’Ecologie Urbaine, division milieux naturels et biodiversité, Brest métropole) et Jean-Marc Provost (responsable de la division maintenance-secteur est du service des espaces verts de Brest métropole), m’ont donc vivement conseillée de déplacer le chantier pour l’implanter sur la prairie de Keravilin.

L’intervention de débroussaillage sur la prairie par Baptiste Havaux et son équipe de débroussailleurs va grandement nous faciliter le marquage au sol du tracé et l’implantation des perches de saule. Merci donc, à Gildas Martin, technicien cours d’eau et zones humides en charge de la gestion de la prairie de Keravilin, qui a organisé cette intervention et qui est d’ailleurs venu ce jour nous rendre visite.

Ne reste plus qu’à s’y mettre !

Il est temps de planter les branches de saule avant qu’elles ne commencent à feuiller.

Christian Guérin, vannier-osiériste à Lescouët-Gouarec près de Mûr-de-Bretagne (22), dont les compétences techniques vont être bien utiles, étant disponible sur cette période, j’ai donc donné rendez-vous aux volontaires les 28 février, 3 et 4 mars 2022. Point de repère : la rue Apollinaire à Guipavas.

Pour rappel, « Marcher sur l’eau blanche » est une sculpture éphémère constituée en saule vivant. Son tracé au sol doit reprendre celui de l’étang qui s’étendait autrefois sur la prairie de Palaren.

Pour dessiner cette forme, nous avons d’abord disposer deux cordes suivant deux lignes perpendiculaires, à partir desquelles, sur la base d’un quadrillage (nous nous sommes référé.e.s au croquis technique préalablement réalisé sur une échelle 1/18ème), nous avons placé des bâtons à distance régulière, puis, à l’aide d’une bombe aérosol, tracé un trait orange sur lequel nous viendrons planter les perches de saule à environ 20cm les unes des autres.
En vertical, le dénivelé doit atteindre 2,80 à 3 m de hauteur et diminuer progressivement vers le sol.

Sur le dessin initial, la structure était fermée sur le petit côté. j’ai décidé de la laisser ouverte pour permettre aux visiteur.se.s de traverser la structure de part en part.

Christian a apporté des variétés de saule différentes (il existe environ 360 espèces) et de provenance diverses : noir de Vilaine, fragolis rouge, vinimalis gravanches… En réalité, il n’est pas si simple de s’approvisionner en grande perches de saule. Bien que Christian soit lui-même osiériculteur, sa production n’est pas suffisante pour un chantier de cette ampleur, d’autant que nous sommes en fin de saison. Il a du se procurer des perches auprès d’autres osiériculteurs.

chantier participatif, construction de la sculpture [Marcher sur l'eau blanche] de Marie-Claire Raoul, 28 février 2022, prairie de Keravilin, Guipavaschantier participatif, construction de la sculpture [Marcher sur l'eau blanche] de Marie-Claire Raoul, 28 février 2022, prairie de Keravilin, Guipavas

La prairie de Keravilin se situe dans le vallon du Stang-Alar, dans le prolongement du jardin du Conservatoire national botanique,traversée par le ruisseau qui poursuit ensuite sa course vers sa source, du côté de l’aéroport de Guipavas. Mal identifiée par les brestois, elle est en réalité très fréquentée par les promeneurs et promeneuses, joggeurs et joggeuses.

Le quartier très urbanisé au cœur duquel la prairie se trouve était il n’y a encore pas si longtemps en milieu rural. La prairie était une zone de pâturage appartenant à une ferme. Aujourd’hui, le terrain est propriété de la Métropole de Brest et est géré par la Direction de l’écologie urbaine. A deux pas de la prairie, passe le boulevard de Coataudon, charnière entre Brest et Guipavas, passage sans fin d’engins motorisés. La prairie constitue ainsi comme un ilot de nature et les habitant.e.s du quartier, d’ailleurs très intrigué.e.s par cette animation autour de « leur » prairie, y sont très attaché.e.s. J’ai noté cependant une incompréhension de la part du voisinage immédiat concernant les périodes de fauche très espacées, laissant la végétation s’épanouir et pousser très haut, à telle point qu’elle aurait, au dire des mécontents, tendance à déborder sur les terrains privés. L’entretien de la rivière pose également question aux riverains.

Il s’agit ici probablement d’un manque de communication des services Écologie urbaine de la métropole brestoise, car, en effet, depuis déjà plusieurs années, Brest métropole a mis en place une politique de préservation des zones humides en milieu urbain. À l’interface entre les milieux aquatiques et terrestres, ces dernières présentent des écosystèmes complexes et diversifiés qui sont de nécessaires réservoirs de biodiversité. Elles sont aussi de véritables outils d’adaptation des villes au changement climatique.

Pour en revenir à la sculpture « Marcher sur l’eau blanche », celle-ci pose la question de la disparition et de l’oubli, mais aussi de la résilience et de notre regard sur la nature. L’une des intentions de cette installation est ainsi de rendre plus visible les zones humides en milieu urbain et d’en montrer l’intérêt. Aussi, un contact est pris avec l’association Bretagne vivante pour mettre en place des temps de médiation et d’exploration de la biodiversité de la prairie.

A la fin de cet après-midi, la base de la structure est plantée. Rendez-vous dans deux jours pour la suite.

Je remercie Noémie Abgrall, Loïc Perrenou, Lola Guezennec et Baptiste Richez, étudiant.e.s à l’Ecole européenne supérieure d’art de Bretagne-Site de Brest (EESAB), ainsi que Marie-Michèle Lucas, artiste plasticienne, pour leur participation au chantier et leur bonne humeur ! D’autant que les conditions météorologiques n’étaient pas les meilleures. La prairie est une zone effectivement très humide et les bottes n’étaient pas de trop !

Un grand merci également à Christian Guérin, osiériculteur et vannier à Lescouët-Gouarec, pour son accompagnement technique.